Les réseaux sociaux des agents territoriaux montent en puissance

Bien sûr, il y a les Facebook, Twitter et autres LinkedIn et Viadéo. A côté de ces réseaux sociaux très grand public ou à visées plus professionnelles, les agents des fonctions publiques créent désormais des outils qui leur sont propres.

“Le premier réseau social professionnel créé par des territoriaux pour des territoriaux.” C’est ainsi que l’Association des professionnels internet des collectivités (Apronet) présente son nouveau service à destination des agents de la territoriale. “Ce réseau se bâtit à partir de notre coeur de métier historique, à savoir les responsables des systèmes d’information ou des télécoms, mais d’autres nous rejoignent. Un groupe sur le programme local habitat vient ainsi d’ouvrir.”, explique Jean-Jacques Heilaud, président-fondateur d’Apronet. L’intérêt de la démarche est de “garantir que les données, les informations échangées ne se baladent pas partout sur le net”, précise Jean-Jacques Heilaud. D’ailleurs, ne sont validés que les internautes qui s’enregistrent avec une adresse de courrier électronique où figure explicitement le nom de domaine de leur collectivité. Autre spécificité, ce réseau peut être utilisé à la fois par une communauté “ouverte” de professionnels d’un même domaine de compétence et par une communauté “privée” réservée à une seule collectivité. Par exemple, les animateurs multimédia des bibliothèques de Rennes viennent d’y créer leur groupe. Le réseau social permet, comme auparavant les newsgroups, d’inviter ses contacts, de faire connaître ses initiatives, de mutualiser ses connaissances, ses astuces, ses savoir-faire, etc. Développé sur la plateforme libre Elgg par la société Human Connect, le réseau social attribue un certain nombre de points à ses participants. “Il y a cinq niveaux de membres, du simple nouvel inscrit qui dispose d’un capital de dix points au supercontributeur qui en compte plus de mille. A l’aide de ces points, l’internaute peut alors consulter les bases de données de l’association, les fiches pratiques, les expériences, etc.”, détaille Jean-Jacques Heillaud. Lancé à la mi-décembre 2010, le réseau social d’Apronet compte actuellement 450 inscrits.

Approche médiatique

Alors qu’il n’ouvrira que fin janvier, Canal public, le réseau social des fonctionnaires et du service public rassemble pour sa part déjà plus de 800 internautes depuis l’annonce de son lancement fin novembre sur Facebook. Il faut dire que sa cible est dès la conception plus large puisqu’il entend rassembler “tous les professionnels des trois fonctions publiques – d’Etat, territoriale et hospitalière – sans restriction de statut – titulaires, contractuels, étudiants -, soit plus de cinq millions de personnes”, lance Philippe Batreau, le directeur de la société Epistrophe, éditeur du site dédié aux concours Cap public et fondateur de l’Association des internautes territoriaux. “Les enjeux professionnels sont de plus en plus similaires et il n’existe pas encore d’espace commun pour que tous les agents se retrouvent en ligne”, justifie Philippe Batreau, lui-même ancien agent passé par plusieurs collectivités locales. Cette approche transversale et inter-fonction publique est doublée d’une sensibilité plus médiatique “puisque l’objectif sera de répondre aux deux besoins essentiels des agents : la recherche d’information professionnelle et la gestion de la carrière (statut, primes, congés, évolution)”, reprend l’entrepreneur du net. Le modèle économique reposera, classiquement, sur des partenariats avec des annonceurs. Organisé par communautés d’intérêts géographique et thématique, Canal public devrait “faire passer au web 2.0 les échanges entre collègues, le partage d’expériences et l’expression d’expertise”, promet son concepteur. Sa plateforme pourrait d’ailleurs également être “privatisée” pour une association ou un groupe de professionnels.

Devoir de réserve

D’autres initiatives de réseaux sociaux émergent actuellement, liées le plus souvent à des entreprises de médias, comme le groupe Territorial (expert public), à des associations de formation ou à des événements à destination des agents publics, voire émanent d’un agent isolé (Cyber-Collectivité). Idéal Connaissances revendique par exemple 40 réseaux professionnels en ligne, soit 7.000 collectivités représentant 45.000 utilisateurs. La société propose également  les “e-rencontres techniques (e-RT)”, webconférences de formation “accessibles à distance, en direct ou à la demande”. Loin de Facebook qui affiche plus de 15 millions d’utilisateurs en France et 350 millions dans le monde, Twitter plus de 175 millions, LinkedIn autour de 85 millions et Viadéo près de 35 millions, souhaitons que 2011 voie les réseaux sociaux des agents de la fonction publique se développer avec une telle réussite. Sans oublier toutefois que, même “fermés”, ces espaces d’expression restent publics et donc que le devoir de réserve des fonctionnaires et assimilés s’y applique. Choisissez bien vos amis !

 

Source : localtis.info ((10/01/11)