Etre parfait, c'est dangereux

Être parfait n’a pas de sens

Etre parfait n’a pas de sens, car la perfection dépend de ce qui est important, ce qui est bien, or, ce qui est important ou « bien » dépend des uns et des autres. Pour les uns, un papa qui est bien, c’est quelqu’un qui travaille beaucoup pour apporter assez matériellement pour sa famille. Pour quelqu’un d’autre, ce qui comptera sera sa présence et sa participation aux tâches ménagères. Pour les uns, l’enfant parfait revient de l’école avec de très bonnes notes, premier de classe. Pour les autres, il importera qu’il a des amis, des activités autres que l’école (musique ou sport).

 

Etre parfait, c’est dangereux

Etre parfait, c’est dangereux. Car si une qualité est un comportement positif – qui fait de nous quelqu’un de bien – la perfection va nous faire dépasser le seuil qui fait de ce comportement une qualité pour se transformer en défaut. Je suis une maman ordonnée, la maison est toujours nickel ainsi que le frigo toujours rempli. C’est une qualité. La maison est tellement parfaitement rangée qu’il n’y a plus un jeu visible, rien ne traîne. C’est tellement bien rangée que je ne supporte plus un enfant passant dans le salon quand il revient du sport, ou qu’un livre ne soit pas « à sa place ». Ce qui était une qualité est devenu un défaut.

 

Alors on fait quoi ?

La meilleure chose à faire pour être bien avec soi et avec les autres est d’être respectueux (avec soi et les autres ). Etre respectueux c’est avoir conscience de ce qui est important pour soi et d’agir dans ce sens. C’est ne pas faire quelque chose qui risque de blesser (soi-même, ou son conjoint ou enfant). Ca ne veut pas dire « se laisser aller », être trop gentil. Ca veut dire : ne pas dépasser le seuil où l’élastique risque de craquer. La meilleure chose à faire pour être bien avec soi et avec les autres est d’être cohérent (avec soi et avec les autres).

Être cohérent, c’est quand on fait un choix, d’accepter ce qui va en découler. Si je suis exigeant avec les autres, ils le seront aussi avec moi. Si je travaille peu pour avoir des bonnes notes, je ne peux me plaindre auprès de mes enseignants. Si je fais la tête à mon époux, je ne peux lui reprocher de rentrer tard à la maison …

En étant respectueux et cohérent, on accepte nos failles et celles des autres, et on se rend compte qu’être parfait nous rend plein d’imperfections.

Dossier : Christelle BLAS

Source : apprendre à apprendre