« Les Hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts » : DRH 3.0, face aux défis du numérique

Extrait « DRH 3.0 face aux défis du numérique »

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« Les Hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts » affirmait Isaac Newton.

Le « mur » est le symbole de la protection. Il constitue une sorte de pacte fondateur : on reçoit protection, en l’échange, bien souvent, d’une tutelle acceptée et rassurante. Il est également symbole des repères : être « dans l’enceinte de », c’est déjà se forger une identité personnelle. L’ombre du mur favorise même l’identification collective.

Si se réfugier derrière le « mur » est naturel pour l’Homme, construire des « ponts » ne l’est pas ! Cela requiert effort et acceptation de l’inconnu… La question centrale de nos temps modernes pourrait se résumer par deux clans farouchement opposés : ceux qui souhaitent détruire les murs et ceux qui souhaiteraient non seulement les conserver mais, par surplus, en augmenter la hauteur.

Nous voici rendus au cœur du problème : nos anciens référentiels, comme autant de « murs », sont mis à mal par l’ensemble des bouleversements qui voient le jour. Il nous faut ainsi faire face à ces nouveaux impératifs :

  • L’individu, sans lequel l’entreprise n’est rien, souhaite effacer de plus en plus les limites spatio-temporelles ;
  • Les politiques de ressources actuelles exigent d’ouvrir les portes de l’entreprise (ressources indépendantes, besoin d’une dynamique renouvelée face à l’essoufflement de nos structures traditionnelles…) ;
  • L’information n’a plus de frontière : l’entreprise devient, malgré elle, poreuse. Ses secrets, son image, son ambiance… Tout se sait ;
  • La gouvernance-même sort de l’entreprise, sous l’emprise des investissements externes, que ce soit de façon institutionnelle (Banques, fonds d’investissement, …) ou de façon ouverte et plus diffuse (crowdfunding) ;
  • L’innovation devient le premier moteur différenciateur et pousse à l’appel d’air externe ;
  • L’efficience, enfin, nous entraîne à trouver une solution industrialisée externe à ce qui est fait de façon moins rationalisée en interne.

Tout nous pousse à ce que l’objet « entreprise » change de nature : elle devient un noyau investi de l’animation de ses satellites !

Là où il y avait « secrets » et « big is beautiful », on accélère les partenariats et les alliances. La « matrice » remplace la gestion verticale. Là où il y avait « permanence », on accepte le momentané, l’occasionnel. Là où il y avait « ressources captives », on développe la relation contractuelle. L’environnement devient complexe : sous-traitants, prestataires, fournisseurs spécialisés, franchisés, concessionnaires, agents, intermédiaires, distributeurs, prescripteurs, consultants, experts, intérim ou portage salarial…

La structure de l’entreprise devient évolutive par nature et repose sur un nouveau référentiel tridimensionnel : ConnecterResponsabiliserIntégrer.

Quid des grands acteurs de nos organisations ? Nos « patrons » sont bien souvent intellectuellement câblés « troupes maîtrisées » et envisagent mal cette transformation (même si de longs discours affirment le contraire) ; nos relations sociales sont, elles-mêmes, architecturées pour être internes (à l’entreprise, à une branche…) ; notre Fonction RH est dessinée pour servir l’interne… Même nos « réseaux sociaux d’entreprise », lorsqu’ils existent, sont basés sur une collaboration centripète.

Le défi est donc de taille : passer de l’entreprise traditionnelle à l’entreprise étendue (bien que cela fasse déjà 10 ans qu’on en parle).

Il nous faudra bien, pour accompagner cela, un DRH 3.0, abolisseur raisonnable de « murs » et bâtisseur de « ponts » !

 

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